DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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 AEROSMITH - DRAW THE LINE : 1977  (Original France)

         Strato Smith

DRAW THE LINE est le 5ème album studio d’Aerosmith. C’est un grand album sorti en 1977 en pleine euphorie punk.

Sans doute le dernier à ce jour pour le groupe de Boston.

Un an après, Joe PERRY quittera le groupe avant de revenir en 84 pour le superbe et méconnu DONE WITH MIRRORS, dont la pochette, lisible seulement devant une glace, est sans aucun doute à l'origine de l'échec commercial de ce disque.

 

Aerosmith enregistre DRAW THE LINE dans un couvent abandonné, Le Cenacle, appartenant à un psychiatre qui veut en faire un centre pour jeunes en difficulté.

Niveau jeunes en difficulté, avec les membres d' Aerosmith, il y a tout ce qu'il faut.

Joe PERRY débarque sur les lieux avec sa Porsche et ses carabines.

Il reste enfermé des jours entiers sans descendre aux répétitions; Steven TYLER n'est pas beaucoup mieux et a un mal fou à composer, ce qui met Jack DOUGLAS, leur producteur, tellement hors de lui, qu'il décide de terminer certains textes à sa place.

Pendant ce temps là, les membres du groupe s'adonnent au tir à la carabine gros calibre dans les pièces mêmes du dit couvent, ceci entre 2 séances d'enregistrement, qui se font bien entendu de plus en plus rares.

Ils sont tous totalement "barges", et leur consommation de coke ne fait qu'augmenter.

 

Jack DOUGLAS, voyant que le lieu n'est pas propice à la création, décide alors de retarder la sortie du disque et envoie le groupe tourner dans les grands festivals d'été, et ainsi rôder les nouveaux titres en live tout en espérant que le groupe retrouve sa créativité. Il enregistre donc la fin de l'album pendant les périodes creuses, dans des studios de fortune au gré des villes visitées.

Les membres du groupe se prennent finalement au jeu, et parviennent à terminer le disque, qui sort en décembre 77 avec presque 6 mois de retard.

Contre toute attente, le résultat est foutrement bon, et bien que Joe PERRY lui-même prétend que DRAW THE LINE est inférieur à ROCKS, son prédécesseur, il n'en est pas très loin.

Des titres comme I WANNA KNOW WHY, KINGS AND QUEENS, THE HAND THAT FEEDS, GET IT UP avec sa merveilleuse intro en slide, BRIGHT LIGHT FRIGHT, sidérant titre chanté par PERRY lui-même, sans oublier une épique reprise du MILK COW BLUES font de ce disque un nouveau classique du gang de Boston.

Les meilleurs titres du disque pour moi restent THE HAND THAT FEEDS et KINGS AND QUEENS, dont la parabole centrale au piano suivi du magnifique solo de PERRY ainsi que la mandoline du renommé Paul PRESTOPINO, fait partie du tout meilleur d'Aerosmith, qui prouve ave ce disque que même complètement "stoned", ce groupe est encore capable du meilleur.

J'ai écouté ce disque des nuits entières, en essayant de trouver la réponse à cette question :

De TOYS, ROCKS et DRAW THE LINE, lequel est le meilleur album du gang de Boston?

Aujourd'hui, je décrète un match nul, tant ces albums sont gigantesques de talents et d'énergie brute. ROCKS a l'avantage de posséder les titres les plus travaillés et c'est surtout celui qui a mis AEROSMITH au sommet en 76.

La tournée US qui suit la sortie de DRAW THE LINE est dantesque et d'une qualité exceptionnelle. Le groupe est alors au top de sa forme et Joe PERRY n’a jamais aussi bien joué. Joe PERRY dit d’ailleurs à TYLER "tu chantes comme Robert PLANT" tandis que TYLER lui répond "et toi? Tu joues comme Jeff BECK"

Les stades sont pleins à craquer et les groupies (les fameuses GTO'S), toutes aussi magnifiques les unes que les autres, font partie de la fête, avec parmi elles, une certaine Bebe BUELL, une ex de Jimmy PAGE et future maman de Liv TYLER.

Il y a d'ailleurs une photo incroyable du concert du GIANTS STADIUM, où l’on voit Joe PERRY seul face à une foule immense, brandir sa fameuse guitare rouge, en signe de trophée.

Toute la folie et les excès des tournées US d'Aerosmith sont merveilleusement retranscrits sur le très bon album live BOOTLEG sorti fin 78.

 

C'est l'époque bénie du groupe qui va hélas connaître ensuite une lente descente aux enfers après la sortie de l’album NIGHT IN THE RUTS.