DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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          TIM BUCKLEY - GOODBYE AND HELLO  : 1967  (Pressage US 1971)

                  Un Artiste Brillant

Tim BUCKLEY  joue dans sa jeunesse dans les clubs de country autour de Los Angeles.

C’est là qu’ Herb COHEN, le manager de Frank ZAPPA, le découvre. Il est aussitôt impressionné par sa voix remarquable au large registre et ses compositions originales.

 

Cohen le présente alors à Jac HOLZTMAN, patron des disques ELEKTRA, qui lui fait aussitôt  signer un contrat. A cette même époque, HOLTZMAN a déjà signé LOVE et les DOORS.

Il voit en BUCKLEY le pendant masculin de Joni MITCHELL.

 

Tim BUCKLEY est très jeune, talentueux et plein d’idées. Il est à ses débuts catalogué comme chanteur folk, mais sa musique touche une grande variété de styles.

Son 1er album, TIM BUCKLEY, est enregistré en 3 jours seulement et sort en 66 alors que Tim n’a même pas 20 ans.

Il est alors remarqué par Georges HARRISON qui pense de lui un très grand bien. Il le recommande à Brian EPSTEIN alors que Buckley joue dans les clubs de New York. Il lui permettra de mieux se faire connaître, aussi bien du public européen qu’américain.

C’est à New York que BUCKLEY enregistre son fabuleux 2ème album, GOODBYE AND HELLO. Il a à peine 20 ans.

 

Cet album est à mon avis un véritable chef d’œuvre intemporel et incontournable.

Il fait partie des disques majeurs ayant participé à lancer ce qu’on appelle le Rock Californien de Laurel Canyon, aux côtés d’artistes comme John PHILLIPS, Joni MITCHELL, CROSBY STILLS & NASH ou Jackson BROWNE.

GOODBYE AND HELLO est un disque aussi important que le BLUE de Joni MITCHELL, ce qui n’est pas un mince compliment, quand on connaît l’immense qualité de ce disque.

 

La musique de GOODBYE AND HELLO est absolument magistrale. C’est l’état de grâce. Les mélodies sont déchirantes et surtout d’une beauté à pleurer.

 

Des morceaux comme HALLUCINATIONS, ONCE I WAS, PHANTASMAGORIA IN TWO,  MORNING GLORY et les 8mn de la chanson titre GOODBYE AND HELLO sont d’une telle profondeur et si saisissants qu’on ne peut être qu’éberlué par tant de talent et d’inspiration.

Les instrumentations sont également à la hauteur des compositions, tantôt épurées sur ONCE I WAS, tantôt baroques sur CARNIVAL SONG voire luxuriantes sur la chanson titre, véritable sommet de cet album mythique. Il s’entoure d’un orchestre de dix musiciens, pas moins, avec 3 guitaristes, un joueur de congas, de l’orgue, un harmonium et tout ce mélange nous délivre une musique incroyablement belle et variée.

 

Hélas, Tim BUCKLEY, toujours à la recherche d’horizons non explorés, se lance ensuite dans une musique beaucoup plus compliquée, teintée de jazz, autour de longs morceaux, avoisinant les dix minutes parfois, et qui finalement déroutent totalement ses fans du début.

Il écrit tout de même dans cette période, un de ses plus beaux titres : SONG TO THE SIREN qui figure sur l’album STARSAILOR.

Son album GREETINGS FROM L.A. est beaucoup plus commercial et obtient un petit succès, mais sa carrière en dents de scie laisse tout de même de nombreuses promesses non tenues.

 

Il meurt en 75 d’une overdose d’héroïne.

 

Il nous reste pour toujours ce disque, qu’on déguste écoute après écoute, que beaucoup apprécieront avec le temps, et sa superbe pochette digne des plus belles de cette période bénite.