DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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  DICKEY BETTS & GREAT SOUTHERN : 1977  (Original UK)

          On Dirait Le Sud

« Moi, je suis le guitariste célèbre », disait Duane Allman, « mais celui qui est doué, c’est Dickey ».

 

Et c’est vrai. Personnellement, j’ai toujours pensé que le meilleur des 2 guitaristes du Allman Brothers Band était bien Dickey BETTS.

 

C’est d’ailleurs lui qui prend en main le groupe après la mort de Duane en 71, suivie de celle de Berry OAKLEY l’année suivante, tous les 2 tués dans des accidents de moto.

Le groupe est alors sur le point de sortir son meilleur album BROTHERS AND SISTERS, sur lequel la guitare de BETTS est magistrale. Toutes les compositions sont enfin débarrassées de ces blues longs et ennuyeux, qui étaient traditionnellement l’œuvre des 2 frères Allman.

 

Malgré un succès colossal et des concerts joués devant des foules incroyables, plus de 600000 spectateurs à Watkins Glenn en 73, le groupe le plus populaire des Etats-Unis en ce début des ‘70s va littéralement exploser à cause d’une banale histoire de drogue, dans lequel est impliqué Scott HERING leur fidèle Road Manager.

Au moment du procès, contre toute attente, Greg ALLMAN lui-même témoigne contre HERING, l’envoyant derrière les barreaux pour 75 ans.

Dickey BETTS ne peut accepter ce qu’il désigne comme une trahison envers leur ancien compagnon de route, et quitte immédiatement les ALLMAN BROTHERS, qui se séparent dans la foulée.

Il décide alors de monter son propre groupe et forme DICKEY BETTS & GREAT SOUTHERN en 1976.

Ceci est leur 1er album. Il sort en 1977 avec une magnifique pochette représentant une demeure telle que celles qu’on pouvait trouver dans les plantations du Grand Sud avant la guerre de Sécession.

 

Le groupe est la réunion de vieux potes, aimant le rock sudiste, le vieux jazz et la country.

Au regard de la pochette intérieure, on sent l’esprit de famille que BETTS aimait tant au début des ALLMAN. Parmi les invités, on note la présence de DON JOHNSON avant qu’il ne devienne célèbre dans la série MIAMI VICE.

 

Tous les titres sont joliment interprétés. Dickey BETTS semble avoir retrouvé l’apaisement et sa créativité s’en ressent sur la musique proposée ici. Tout l’album est illuminé par son légendaire bottleneck et son fabuleux jeu en slide.

Il se dégage de cet album une certaine forme de nonchalance, contrastant avec le son de l’époque de l’ABB. On retrouve ce côté « Laid Back » si cher à JJ Cale ou Eric Clapton.

L’album comporte 7 titres dont 2 ballades qui clôturent les faces 1 et 2. La première, THE WAY LOVE GOES est sans intérêt et constitue le morceau le plus faible du disque ; par contre la 2ème intitulée BOUGAINVILLEA, co-signée par Don JOHNSON, est très réussie et mise en valeur par le splendide chorus de BETTS, aérien et lumineux.

Les autres titres sont plus Rock and Blues. OUT TO GET ME ouvre l’album et c’est le morceau le plus réussi grâce au travail à la slide, qu’on retrouve sur l’excellent CALIFORNIA BLUES en face 2. RUN GYPSY RUN est un autre moment fort, façon JJ Cale, et son accompagnement à l’harmonica.

 

Le groupe enchaîne en 1978 avec un 2ème album intitulé, ATLANTA’S BURNING DOWN, tout aussi intéressant.

Bien sûr, le succès obtenu n’est pas du tout en rapport avec celui obtenu par les ALLMAN BROTHERS. C’est le cas également de Greg ALLMAN qui entre temps commence une carrière en duo avec CHER qu’il vient alors d’épouser. L’album qui en découle étant désastreux, l’affaire tourne court et le divorce ne tarde pas à être prononcé.

 

En 79, il faut donc renflouer les caisses en remplissant des stades. Pour cela, quoi de mieux qu’une reformation de l’ALLMAN BROTHERS BAND pour y parvenir?

Certainement pas le GREAT SOUTHERN ni le groupe GREG AND CHER. Il faut aussi signaler que leur maison de disques CAPRICORN RECORDS est alors en grande difficulté financière et doit impérativement se renflouer et une reformation des ALLMAN semble idéale.

Tout ce beau monde fait en sorte d’oublier les vieilles querelles et décide donc de se rabibocher. On reforme le mastodonte, en enregistrant le très bon ENLIGHTENED ROGUES en 79, avec un groupe dont les 2 guitaristes sont ceux qui évoluaient au sein du GREAT SOUTHERN : Dickey BETTS et l’excellent Dan TOLER.

 

Reste cet excellent album de GREAT SOUTHERN en guise de souvenir de la carrière de BETTS en solo.