DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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          RAINBOW - LONG LIVE ROCK 'N' ROLL  : 1978  (Original UK)

     Dernier Album avec Ronnie James Dio

Cet album de RAINBOW sorti en 78, marque la fin de la collaboration de RAINBOW avec son chanteur emblématique Ronnie James DIO.

 

L’enregistrement de LONG LIVE ROCK’N ROLL ne se fait pas dans les meilleures conditions. Ils commencent à enregistrer au château Hérouville en France début 77 après la fin de leur tournée au Japon.

Mais très rapidement, Jimmy BAIN le bassiste, jugé trop lent, et Tony CAREY leur sensationnel claviériste, sont remerciés.

Afin de continuer les sessions, BLACKMORE assure alors lui-même les parties de basse. C’est Mark CLARKE qui est engagé pour remplacer CAREY et qui doit également se charger de la production de l’album.

Dans le même temps, le groupe travaille sur la sortie du double live ON STAGE, extraits de concerts en Allemagne et au Japon fin 76. ON STAGE sortira en en juillet 77.

A Hérouville, ça ne se passe pas bien du tout et Mark CLARKE  est à son tour remercié.

On décide alors de repartir en tournée afin de promouvoir ON STAGE de septembre à novembre 77, avec deux nouveaux membres, David STONE et Bob DAISLEY (Futur Ozzy OSBOURNE Band), fraîchement recrutés. La tournée est un désastre à cause des sautes d’humeur permanentes de son leader et quelques faits d’arme dont BLACMORE se rend coupable : Bagarre avec le service d’ordre, Humiliation du promoteur de la tournée au Pavillon de Paris exhibé nu au dessus de la scène etc… Tout ça se termine par une arrestation de BLACKMORE en Autriche qui passe une nuit en prison. Cela ne les empêchent pas de se produire à Munich en octobre 77 pour un concert filmé pour l’émission ROCKPALAST, dont il existe un DVD et un double CD de ce concert.

 

Cette mini tournée achevée, il est temps de terminer le 3ème album, en pleine gestation, et les cinq membres se retrouvent à Herouville pour finir les partie de basse et de claviers avec les deux nouveaux membres STONE et DAISLEY, considérés par le noyau dur du groupe comme étant des intérimaires.

 

L’album sort finalement en avril 78 avec une pochette couleur « tabac », largement inspirée par celle de DRAW THE LINE du groupe AEROSMITH, sorti six mois plus tôt.

C’est un excellent album, avec de grands titres comme GATES OF BABYLON, KILL THE KING, mais également et surtout THE SHED et l’hymne absolu LADY OF THE LAKE.

 

Contrairement à RISING, qui ne contenait que deux longs morceaux sur la face 2, LONG LIVE est construit différemment et laisse place à des titres très « punchy » avec des mélodies soignées et efficaces et des refrains destinés à faire chanter les kids lors de leurs concerts.

 

LADY OF THE LAKE est particulièrement réussi et constitue de temps fort de l’album. On ne se lasse pas d’écouter cet hymne sur lequel Ronnie James DIO fait étalage de tout son talent  avec sa voix à la fois puissante et lyrique.

Il est incontestablement, à cette époque, un des meilleurs chanteurs du circuit. Sa voix est  presque irréelle et je me souviens toujours du jour où je l’ai entendue pour la 1ère fois sur l’album RISING et son terrifiant morceau d’ouverture TAROT WOMAN. Ce type emmène le Hard Rock dans une autre dimension, et conscient de cela, Ritchie BLACKMORE n’aurait jamais du s’en séparer. C’est tout de même à cause du talent de DIO qu’il a plaqué DEEP PURPLE en avril 75.

 

THE SHED est l’autre très grand moment du disque avec sans doute, l’un des meilleurs solos de BLACKMORE jamais exécutés, placé en début de morceau. C’est sidérant de classe et d’inspiration. Ce gars m’étonnera toujours. Son jeu est d’une finesse et surtout d’une maîtrise absolue. C’est impressionnant de le voir jouer tant il se balade sur son instrument avec une facilité déconcertante.

C’est assurément un des meilleurs guitaristes de l’époque aux côtés de Page, Zappa et Schenker.

 

GATES OF BABYLON est le morceau exotique du disque, avec ses accents orientaux et arabisants, dominé par cette guitare omniprésente ainsi que cette voix de DIO, qui supporte tout le poids de la mélodie et du refrain.

 

KILL THE KING est également un titre infernal, qu’ils ont rôdé en public en tant que morceau d’ouverture de leurs deux dernières tournées.

 

La seule fausse note du disque semble être RAINBOW EYES, s’étirant sur plus de sept longues minutes, et qui au final s’avère être un peu sirupeux et quelque peu raté. Le chant de DIO, méconnaissable ici, rappelle celui de David BYRON du groupe URIAH HEEP.

 

Le groupe repart ensuite en tournée aux USA et dans le monde entier. C’est fin 78 que l’on apprend le départ de Ronnie James DIO. C’est un véritable choc, car le groupe sans son chanteur emblématique semble être devant un défi insurmontable.

 

Le départ du chanteur est d’autant plus surprenant, que le groupe est alors à son zénith s’est confectionné un public nombreux et fidèle.

Mais Ritchie BLACKMORE, le patron despote du groupe, décide alors de changer de cap après l’enregistrement de LONG LIVE ROCK’N ROLL, et souhaite s’orienter vers un Hard Rock plus commercial, visant à toucher le jeune public américain. Et personne ne peut contredire Ritchie BLACKMORE, sous peine de licenciement immédiat.

Pourtant cette fois, c’est DIO qui décide de quitter le groupe début 79, après la tournée ayant suivi l’album, argumentant que l’orientation musicale prise par BLACKMORE ne lui correspond pas du tout.

DIO est en effet un ardent défenseur d’un Hard Rock grandiloquent, proche du rock symphonique à connotation classique, avec des textes très lyriques basés sur des légendes médiévales et  pas toujours du meilleur goût.

Il ne tarde pas à être enrôlé par BLACK SABBATH pour remplacer Ozzy OSBOURNE, et la sortie de l’album HEAVEN AND HELL, en 80, est la continuité directe de RISING et LONG LIVE ROCK’N ROLL. L’album est certes remarquable, mais il faut bien reconnaître, qu’à l’époque de sa sortie, les fans de BLACK SABBATH, ont bien du mal à reconnaître leur groupe adoré. Ca ressemble plus à un album de RAINBOW avec Tony IOMMI à la guitare en qu’à un album de BLACK SABBATH.

 

Après le départ de DIO, BLACKMORE essaie de renouer avec Ian GILLAN, mais celui-ci, échaudé par les galères de la fin de DEEP PURPLE Mark 2 en 73, refuse sèchement l’offre. RAINBOW engage alors un illustre inconnu Graham BONNET, qui chante d’ailleurs fort mal, et sortira un album déconcertant fin 79, DOWN TO EARTH.

C’est le début de la fin de RAINBOW, qui ensuite, change encore de personnel et perd peu à peu la confiance de ses fans, jusqu’en 1984 où BLACKMORE et GILLAN décident enfin de reformer DEEP PURPLE Mark 2, avec la sortie du remarquable  PERFECT STRANGERS, mettant un terme à RAINBOW.