DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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    MICK TAYLOR : 1979  (Original Hollande)

     Ex Lead Guitar des Stones

Mick Taylor est essentiellement connu pour avoir été le guitariste des Stones de 69 à fin 74.

Sa carrière commence pourtant avec les BLUESBREAKERS de John Mayall en 1967, au sein desquels, il  remplace Peter GREEN parti former FLEETWOOD MAC.

 

C’est  la période du Blues Boom en Angleterre, et la performance de TAYLOR sur l’album de Mayall, BLUES FROM LAUREL CANYON sorti en 68, en impressionne plus d’un, et Keith RICHARD est l’un de ceux-là.

A cette époque, les STONES après 3 ans d’inactivité scénique, due à d’invraisemblables déboires avec la justice anglaise, décident de tourner à nouveau et préparent une immense visite aux USA, prévue d’octobre à décembre 69.

Leur problème majeur consiste à écarter du groupe Brian JONES, qui depuis 2 ans déjà, est complètement déconnecté des activités du groupe. Son rôle à l’époque se résume à quelques interventions sur leurs disques, grâce notamment à ses nombreuses aptitudes instrumentistes, telles que l’accordéon, le sitar, sans oublier quelques instruments marocains.

Mais son rôle est devenu inexistant au niveau des compositions. Il constitue donc un obstacle majeur quant à la bonne réputation du groupe qui doit absolument réussir cette tournée américaine susceptible de remettre les STONES en haut de l’affiche

 

Brian JONES est donc écarté des Stones en mai 69, et c’est Mick TAYLOR qui le remplace.

 

Taylor est alors tout juste âgé de 20 ans, mais son jeu de guitare est déjà lumineux et brillant.

Sa sensibilité mélodique, sa magnifique façon de soutenir les notes et le son merveilleux qui sort de sa Gibson Les Paul, finissent de persuader Keith RICHARDS qu’il est  bien le guitariste dont les Stones ont besoin.

Mick TAYLOR a également des aptitudes à la slide qui sidèrent Keith, et lorsqu’il joue LOVE IN VAIN, il se dégage de sa guitare une intense et profonde émotion.

 

Et l’association va marcher à merveille pendant 5 ans. Durant cette période bénie, les Stones sortent  tous leurs chefs d’œuvre.

Mais c’est pendant l’enregistrement de STICKY FINGERS et EXILE ON MAIN STREET que la collaboration de Taylor avec Keith atteint des sommets inégalés.

Il faut absolument noter que Mick TAYLOR est devenu le « lead guitare » du groupe avec l’entière approbation de Richard, qui à cette époque, change sa façon de composer et essaie de trouver des thèmes sur lesquels il est convaincu que le jeune prodige va pouvoir s’exprimer au mieux.

Les concerts des Stones deviennent grandioses. Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter ce que fait Mick TAYLOR sur les disques, LADIES AND GENTLEMEN (US 72), et surtout THE BRUSSEL AFFAIR (73), sur lesquels il offre des versions dantesques de GIMME SHELTER, MIDNIGHT RAMBLER, LOVE IN VAIN et TUMBLING DICE.

Je n’ai jamais entendu de meilleures versions de TUMBLING DICE que celle jouée à Bruxelles en octobre 73. Ca reste mon morceau fétiche des Stones.

 

Sur l’album IT’S ONLY ROCK’ROLL, sorti en 74, son jeu de guitare est tout simplement prodigieux sur FINGERPRINT FILES et TIME WAITS FOR NO ONE. Sur ce dernier, il joue ce qu’il a fait de mieux avec les Stones et il nous sort le solo des « étoiles ».La sensibilité de son jeu rappelle le final  de CAN’T YOU HEAR ME KNOCING sur l’album STICKY FINGERS.

Ce sont hélas ses dernières contributions au groupe, puisqu’il quitte les Stones en décembre 74, à la surprise générale, alors que le groupe doit  entrer en studio à Munich pour y enregistrer BLACK AND BLUE, mais également préparer la méga tournée américaine de 75.

Ce départ consterne Mick JAGGER et Keith RICHARDS, qui avoue dans son livre LIFE sorti en 2011, n’avoir jamais connu les raisons réelles de son départ.

Pour lui, la seule façon de quitter les STONES, c’est comme il le dit lui-même « les pieds devant ».

 

Il est envisageable de penser que la vie infernale des Stones à l’époque, tous les problèmes avec la justice liés aux abus de drogues de K.Richard, contribuent alors à dégoûter Mick Taylor de rester plus longtemps au sein des Stones. Il se sent également quelque peu frustré de la piètre reconnaissance du groupe à l’égard de sa contribution sur les chansons des Stones.

 

Malgré ses intentions de se lancer dans une carrière solo avec Jack BRUCE, il reste 4 ans sans donner de nouvelles.

C’est un réel gâchis, car c’est à cette époque qu’il joue le mieux.

 

Toutefois, début 79, des bruits circulent que Mick TAYLOR est de retour aux affaires et va  enfin sortir son 1er album solo. J’ai attendu ce disque toute l’année, tout comme l’album de Led Zeppelin. Oh surprise, l’album sort le même jour que celui du Zeppelin : le 16 aôut.

Si j’ai été horriblement déçu par celui de Zeppelin, j’ai été au contraire enchanté par ce 1er effort en solo d’un de mes guitaristes fétiches. Je l’attendais depuis si longtemps celui-là que je l’ai dégusté à volonté de longues semaines durant.

C’est un disque que j’adore encore aujourd'hui, un peu dans le même registre que celui d’ Eric Clapton,  NO REASON TO CRY.

 

On y trouve des invités vedette, comme Lowell GEORGES de LITTLE FEAT et Pierre MOERLEN de GONG.

C’est un disque très varié, et les morceaux, chantés par Mick lui-même, sont inspirés du rock californien style Fleetwood Mac comme LEATHER JACKET qui ouvre la face A, ou SW5 sur la face B.

On y trouve également le sensationnel ALABAMA et son intro acoustique, suivi d’un solo lumineux à la slide, qui nous fait justement penser à LITTLE FEAT et Lowell GEORGE, qui joue sur un autre morceau, GIDDY-UP, un instrumental de la face B, remarquable également.

 

Bien-sûr, l’hommage à John Mayall sur SLOW BLUES est évident : un morceau super cool avec une basse faramineuse à la Jaco Pastorius (ce n’est pas lui qui joue) et une impeccable partie de piano. Un grand titre.

BABY I WANT YOU sort tout droit de Peter FRAMPTON et son BABY I LOVE YOUR WAY.

C’est cool, c’est frais, impeccablement interprété et toujours ces parties de guitare sidérantes, qui rappellent ici Robbie ROBERTSON du BAND.

BROKEN HANDS, qui clôture la face A, est du Rock Stonien pur jus, avec le son si caractéristique des guitares, et fait penser à HAPPY ou HAND OF FATE.

 

La face B est un peu plus faible, du fait d’un long morceau planant divisé en 2 titres qui s’enchaînent, SPANISH et A-MINOR, et qui rappelle le groupe GONG de Pierre MOERLEN avec lequel Mick TAYLOR joue d’ailleurs la même année sur le fantastique DOWNWIND (pour ceux qui ne connaissent pas, procurez-vous ce disque).

 

Le disque est très bien accueilli par la critique, mais hélas reste sans lendemain. Je ne sais même pas si TAYLOR a tourné pour promouvoir son disque.

Il n’y aura plus de nouvelles de lui pendant 3 ans.

Il rejoue pourtant avec John MAYALL en 82 et 83, et j’ai eu l’occasion de voir le concert donné à Strasbourg à cette époque. Peut-être avais-je trop d’attentes ? Toujours est-il que ce concert ne m’a pas marqué.

 

Depuis, il n’a plus fait grand-chose, quelques parties de guitares sur 2 disques moyens de Dylan dont INFIDELS, puis quelques apparitions sur scène au côté des Stones quand ceux-ci daignent l’inviter, comme ça a été le cas récemment pour leurs concerts à HYDE PARK, là où justement tout a commencé pour le jeune Mick TAYLOR un certain jour de juillet 69 aux côtés des Stones pour la 1ère fois.

 

Keith RICHARDS ne s’est jamais remis de son départ…les Stones non plus.