DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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          KING CRIMSON - RED  : 1975  (Original US)

           La Plénitude du Roi Cramoisi

Initialement  commencée en 1967 sous le nom  GILES, GILES & FRIPP, la carrière de KING CRIMSON débute vraiment en 1968 lorsque Ian McDONALD (Futur FOREIGNER)  rejoint le groupe accompagné du parolier Pete SINFIELD et du chanteur Greg LAKE.

 

Avant même leur 1er concert au Speakeasy à Londres, le bouche à oreille répand la nouvelle d’un groupe fabuleux qui répéte dans les sous-sols du FULHAM PALACE CAFE, et la presse underground parle d’eux.

Mais le grand événement qui lançe leur carrière au grand public, est le concert donné à Hyde Park, en juillet 1969, lorsqu’en 1ère partie des STONES, ils étonnent quelques 500.000 spectateurs avec leurs utilisations dévastatrices du mellotron, transformant ainsi leurs influences classiques sous une forme rock, qui donne naissance au « Rock Progressif ».

 

Hélas, et cela va devenir récurrent chez eux, les nombreux départs perturbent leur progression. Ainsi, Giles et McDonald quittent le groupe lors de leur 1ère tournée US, puis Greg LAKE part ensuite former EMERSON, LAKE & PALMER pendant l’enregistrement de IN THE WAKE OF POSEIDON.

Robert FRIPP prend alors les commandes et KING CRIMSON devient sa seule propriété.

 

Pourtant en 1973, le groupe se stabilise autour d’une formation qui comprend John WETTON, Bill BRUFORD (ex YES), David CROSS et le percussionniste Jamie MUIR.

Cette formation est sans doute la meilleure de toute la carrière de KING CRIMSON et elle coïncide avec la parution de 3 disques absolument remarquables :  LARK’S TONGUES IN ASPIC, STARLESS & BIBLE BLACK (qui comprend le fabuleux NIGHT WATCH) et surtout le chef d’œuvre RED.

 

Le point culminant de leur carrière est leur dernier concert, donné à Central Park le 1er juillet 74, qui donnera lieu au disque live USA.

 

C’est après ce concert que KING CRIMSON entre en studio et enregistre ce disque posthume, RED, sur lequel figure à nouveau Ian McDONALD, de retour dans le groupe après 4 ans d’absence.

 

Le sommet de RED est incontestablement le morceau STARLESS, qui s’étend sur plus de 12 minutes sur la face 2, sur lequel on retrouve tout ce qu’on aime de ce groupe fantastique groupe : Une mélodie impériale et profonde, le son lugubre du mellotron, des riffs de guitares en distorsion, des breaks toujours aussi impressionnants et enfin la voix feutrée et ouatée de John WETTON.

PROVIDENCE est un long instrumental improvisé issu d’un concert aux USA.

 

La face 1, quant à elle, est à l’opposé de STARLESS et PROVIDENCE. C’est un KING CRIMSON sauvage qui se rappelle au bon souvenir de 21th CENTURY SHIZOID MAN et qui livre 3 morceaux sur lesquels la guitare de FRIPP est archi dominante. Mais les mélodies sont encore présentes, surtout sur FALLEN ANGEL et ONE MORE RED NIGHTMARE, mais c’est tout de même le déchaînement de violence et les solos dévastateurs de FRIPP sur le morceau RED qui dominent ici. 

 

Pourtant, malgré le fait que les musiciens jouent de mieux en mieux et sont alors au sommet de leur créativité artistique, Robert FRIPP annonce la dissolution définitive de KING CRIMSON avant même la sortie de RED. Une décision totalement incompréhensible, quand on sait l’accueil unanime fait à l’album par la presse et par ses fans.

 

 

WETTON part ensuite chez ROXY MUSIC, tandis que BRUFORD travaille un moment avec GONG. FRIPP quant à lui, s’associe avec Brian ENO, qui lui, vient de quitter ROXY.

 

Mais le meilleur de la carrière de ces fabuleux musiciens se trouve sur les 40 minutes de ce disque, qui 35 ans après sa sortie, opère toujours le même envoûtement sur ceux qui découvrent la musique de ce groupe essentiel.