DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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    LINDA RONSTADT - SIMPLE DREAMS  : 1977  (Original France)

                 La Reine du Troubadour

Venant de l’Arizona, Linda RONSTADT arrive très tôt à 18 ans en Californie. Aspirant à un mode de vie à la DYLAN, elle s’installe en 64 à Topanga Canyon, où elle commence à chanter au ASH GROVE. TOPANGA CANYON deviendra ensuite le fief de gens comme Ry COODER, CANNED HEAT et Neil YOUNG.

Elle forme peu après le groupe THE STONE PONEYS qui devient un des résidents du TROUBADOUR sur Santa Monica Boulevard. Elle signe alors un contrat chez CAPITOL et enregistre 2 disques avec ce groupe.

Persuadée que la Country est l’avenir de la musique, elle donne une nouvelle couleur à des reprises notamment grâce à cette voix de velours si agréable à écouter. Elle devient rapidement la REINE du TROUBADOUR. C’est là qu’elle rencontre John David SOUTHER qui lui composera de nombreuses chansons.

Elle quitte alors les STONE PONEYS et se lance dans une carrière solo. De nombreux albums sortent dont les excellents LINDA RONSTADT, sur lequel jouent tous les membres des futurs EAGLES, et HEART LIKE A WHEEL qui obtiennent un succès considérable.

Son ami Jackson BROWNE la persuade ensuite de rejoindre l’écurie de David GEFFEN dont la maison de disques ASYLUM a déjà sous contrat les stars du Rock Californien de l’époque, comme les EAGLES, Jackson BROWNE, John David SOUTHER et Joni MITCHELL.

 

Sa carrière prend alors un tournant décisif et le succès arrive avec 2 albums qui la placent en haut de l’affiche, PRISONERS IN DISGUISE et HASTEN DOWN THE WIND. Bien que Linda ne soit pas auteur compositeur, elle parvient à sublimer et s’approprier les chansons d’autres auteurs compositeurs comme SOUTHER, le génial Warren ZEVON, Buddy HOLY  ou encore Roy ORBISON.

En 1977, c’est la consécration avec cet album SIMPLE DREAMS qui sera une des plus belles réussites des années 70 pourtant riches en œuvres de qualité.

Pour ce disque qu’elle enregistre à Los Angeles à la SOUND FACTORY entre mai et juillet 77, elle est entourée des meilleurs musiciens de studio qui sévissent à L.A à cette époque, Rick MARROTA, Kenny EDWARDS, Dan DUGMORE et surtout le remarquable guitariste Waddy WACHTEL dont le son de sa guitare illumine tout l’album.

SIMPLE DREAMS est à nouveau produit par Peter ASHER, avec qui elle partage encore sa vie à ce moment là.

Tous les titres au menu de ce fantastique album sont des hits potentiels et la façon dont Linda RONSTADT les chante, est carrément grandiose.

Ainsi sa lecture de BLUE BAYOU en début de face 2 fait totalement oublier celle du grand Roy ORBISON. Sa voix y est cristalline et tellement émouvante.

Elle prouve également qu’elle ne délaisse pas pour autant les titres rock bien carrés et c’est

IT’S SO EASY de Buddy HOLY, avec son riff imparable de WACHTEL en intro, qui ouvre l’album.

Le son est très détaillé et agressif juste comme il faut pour nous apprivoiser et nous caresser dans le bon sens du poil.

Avec BLUE BAYOU, les 2 plus belles réussites de SIMPLE DREAMS sont incontestablement les reprises de Warren ZEVON. CARMELITA d’abord, une ballade superbe en mid tempo, est splendide mais c’est POOR POOR PITIFUL ME qui marque les esprits. La version qu’elle en donne est beaucoup plus rock et rythmée que celle figurant sur le 1er disque de ZEVON sorti un an plus tôt. Le travail de la rythmique et les riffs assassins de WACHTEL revitalisent complètement cette chanson. Si quelqu’un veut entendre comment doit sonner une guitare électrique, c’est POOR POOR PITIFUL ME qu’il doit écouter.

 

Linda offre également une très belle version de TUMBLING DICE, une des meilleures chansons des STONES sur EXILE ON MAIN STREET. Là encore, elle accélère le tempo par rapport à l’originale soutenu par le travail extraordinaire de Waddy WACHTEL.

Et puis bien sûr, il y a les chansons de pure country sur lesquelles la voix de Linda RONSTADT s’exprime le mieux et nous fait étalage de sa pureté. Le plus bel exemple est sans doute l’austère I NEVER WILL MARY dont la mélodie et le texte sont splendides et sont un grand moment d’émotion.

SIMPLE MAN SIMPLE DREAM de SOUTHER, OLD PAINT et MAYBE I’M RIGHT écrit par Waddy WACHTEL complètent cette panoplie country et folk traditionnel dans la plus pure tradition des disques de RONSTADT.

La pochette de l’album est magnifique et fera partie des pochettes mythiques de la décennie.

 

SIMPLE DREAMS sort en septembre 77 et remporte un immense succès. Associés aux ventes colossales la même année d’HOTEL CALIFORNIA des EAGLES et du RUMOURS de FLEETWOOD MAC, Le Rock Californien démontre avec ces 3 disques majeurs qu’il est bien le phénomène musical majeur de cette fin de décennie.