DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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 BLACK SABBATH - VOL4 : 1972  (Pressage UK 1974)

         Un Album Qui Sent La Poudre

Sans doute un des plus grands disques de rock jamais enregistrés !

 

En 72, BLACK SABBATH est à son zénith.

Ils enregistrent cet album à Los Angeles et à cette époque, la cocaïne fait partie de leurs mauvaises habitudes.

Ils louent un manoir à Bel Air et après les sessions d'enregistrement, organisent des parties géantes avec toutes les célébrités du moment. Ils mènent la grande vie : "LIVIN' IN THE FAST LANE" comme l'écriront plus tard les EAGLES.

Ils découvrent la vie Californienne, bien différente il est vrai de leurs origines.

Quoi de plus beau que d’offrir la Californie comme cadre de vie à de jeunes anglais issus de la classe ouvrière d’Aston, un quartier en banlieue de Birmingham.

 

L'album est d'ailleurs entièrement dédié à la Cocaïne, et doit s'appeler initialement SNOWBLIND, chanson qui ouvre la face 2. Mais leur maison de disque, Vertigo en Europe et Warner aux US  refuse catégoriquement ce titre qui fait l’apologie de la célèbre poudre blanche.

En guise de consolation, le groupe s’autorise une petite allusion sous forme de jeu de mots en remerciant sur les notes de la pochette, la compagnie COKE-Cola. L’album s’intitule finalement  VOL4, sans doute un clin d'oeil à l'album de LED ZEPPELIN sorti quelques mois plutôt, et que tout le monde appellent ainsi.

 

Malgré tous ces abus, l'inspiration est heureusement au rendez-vous, et l'album qui en découle quasi miraculeux. Le son est absolument dantesque.

Tony IOMMI, l'homme par qui la musique arrive, créent des riffs monstrueux, et toutes les chansons du groupe sont écrites autour de ces quelques notes de guitare répétées à l'infini, jouées sur sa fameuse GIBSON SG.

Les morceaux sont tous construits de la même manière : Un riff, la ligne mélodique chantée par Ozzy, et les changements de rythmes incessants à base d'accélération vertigineuse en milieu de titre, sont la marque de fabrique du groupe.

L'autre caractéristique est leur son : Enorme, avec une rythmique diabolique assurée par le bassiste Geezer BUTLER et le batteur Bill WARD, le tout saupoudré par le toucher de cordes de IOMMI, si particulier du fait sans doute de la perte de 2 bouts de phalanges à sa main droite (Tony est gaucher) suite à un accident de travail en usine, survenu alors qu'il n'avait que 19 ans.

C'est d'ailleurs en apprenant que Django REINHARDT a lui aussi subi une grave blessure à la main, qu'il ne se décourage pas et persiste en jouant sur le manche avec 2 petites prothèses de cuir placées au bout de ses doigts. D'où peut-être ce son hors du commun.

 

Sur ce VOL4, il faut bien reconnaître que IOMMI est particulièrement inspiré. Toutes les chansons sont excellentes, jusqu'au magnifique final d'UNDER THE SUN, titre très lourd, mais qui dans la dernière minute s'envole littéralement sur une ligne mélodique digne du superbe WAR PIGS.

La grande qualité de BLACK SABBATH, je me répète, c'est qu’au-delà de leur musique si lourde et si basique, ils ont le don pour placer des mélodies imparables, que tous les jeunes de l'époque reprennent à chacun de leurs concerts.

 

C'est ce qui manque sans aucun doute aux groupes d'aujourd'hui.

 

En plus des titres incontournables, que sont WHEELS OF CONFUSION, SUPERNAUT, TOMORROW'S DREAM ou CORNUCOPIA, il y a également sur VOL4 une magnifique ballade, CHANGES, que GUNS N' ROSES reprendra régulièrement en concert au début des années 90, et sur laquelle la voix d' Osbourne est absolument touchante et émouvante.

On y trouve également le traditionnel instrumental acoustique, ici c'est LAGUNA SUNRISE, histoire de reposer son système auditif, entre 2 riffs mastodondes de Tony IOMMI.

 

Pourtant beaucoup de gens, en écoutant pour la toute première fois BLACK SABBATH, se disent : "Ce mec chante faux !".

Peut-être... Mais ça sonne bien, et une fois que l'on s’habitue à cette voix si particulière, on ne peut plus s'en passer.

Il n'est pas facile d'apprivoiser BLACK SABBATH à la 1ère écoute.

 

Bien que le 1er pressage ait été réalisé par VERTIGO, aucune version ne surpassera jamais le son du vinyle édité chez NEMS.

Je possède également la version d'ARABELLA, rééditée en 1976, mais ce n'est pas pareil.

Une nouvelle édition est sortie en 2011 chez WARNER. La pochette est impeccablement reconstituée, à l'identique de l'originale, avec les photos intérieures. Mais le son est trop lourd à mon sens.

 

La pochette du vinyle est une "Gatefold", avec à l'intérieur un livret de photos live du groupe. Lorsqu’on écoute cet album, on ne cesse de se les repasser.

Sur le recto, on y voit OSBOURNE avec sa célèbre chemise à franges et son geste caractéristique, partie intégrante  de tous les concerts du groupe.

 

Il faut noter que BLACK SABBATH est peut-être le seul groupe de Rock, à placer son guitariste au milieu de la scène et son chanteur à droite de la scène. Ce qui laisse à penser que le vrai patron du groupe est bel et bien Tony IOMMI. Cela se vérifiera quelques années plus tard, lorsque le groupe alors moribond, continua seulement grâce à la volonté indéfectible de son guitariste emblématique.

 

BLACK SABBATH demeure un groupe à part. Dans leur domaine, jamais personne n'a pu rivaliser avec leur musique, qualifiée d’ "intemporelle".

Frank ZAPPA les adorait. Ils avaient fait sa connaissance à L.A. lors de l'enregistrement de cet album et ils s'entendaient si bien, qu'il les présenta au public lors de leur 1er concert donné au Madison Square Garden cette année là à New York.

Une sacrée référence !