DEDICACE A MES OREILLES : Chronique

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 GENESIS - FOXTROT : 1972  (Original France)

Une Autre Dimension


J'ai découvert GENESIS grâce à un copain lorsque j'étais étudiant en 1ère année.
A l'époque, en 75, j'écoutais essentiellement du Hard Rock anglais, Led Zeppelin, Sabbath, Purple, Humble Pie mais également Pink Floyd, Joni Mitchell, TYA et le J.Geils Band.
Un jour il me dit : "tu devrais écouter Yes et Genesis; ça t'ouvriras sur un autre monde".
Je ne connaissais ces groupes que de nom, mais je n'avais jamais écouté leur musique.
Il me prêta FOXTROT. Déjà la pochette était intriguante avec ce type à la tête d'animal déguisé en femme. Je dois dire que je n'y comprenais pas grand chose, mais je la trouvais belle. C'était la grande époque des pochettes dépliantes que l'on appelle maintenant "Gatefold".

Lorsque je mis le disque sur ma platine, je fus immédiatement envoûté par le long intro lugubre de WATCHER OF THE SKIES joué sur un instrument qu'à l'époque je ne connaissais pas. C'était du mellotron, instrument capable à lui seul de remplacer un orchestre symphonique.
Puis, la voix du chanteur envahit la pièce, rauque, impressionnante, dissonante à certains moments puis ensuite si troublante et merveilleuse dans les moments calmes du morceau.
La chanson était longue, plus de 7mn, et vraiment ce fut une révélation. On n'avait jamais entendu ça à l'époque. Même Pink Floyd, dans les moments les plus free d'Ummagumma, ne s'étaient pas risqués à un son pareil.

La suite, avec GET' EM OUT BY FRIDAY était tout autant novatrice et mélodieuse, avec ces paroles extravagantes et ces drôles de dialogues entre les personnages mis en scène.
La construction des morceaux était révolutionnaire. ici, pas de refrain, pas de pont au milieu de la chanson, non rien de tout cela. Ce n'était que des improvisations sophistiquées autour des instruments, le tout couronné par la voix de ce chanteur diabolique, qui avait pour nom PETER GABRIEL.
Le dernier morceau de la face 1, CAN UTILITY AND THE COASTLINERS, me laissa dans un état second; jamais, je n'avais entendu quelque chose d'aussi prenant, et encore aujourd'hui, je suis ému à son écoute.

Le meilleur était à venir avec l'épique SUPPER'S READY; rendez-vous compte : 23mn. On n'avait jamais fait ça avant à part Pink Floyd sur ECHOES.

Lorsque je me suis renseigné sur ce groupe hors du commun, j'appris qu'ils en étaient à leur 6ème album et que le chanteur avait déjà quitté le groupe. Ce fut une grande déception pour moi. Comment avais-je pu rater un machin pareil?

Bien-sûr ensuite, je me suis précipité sur les autres albums et si FOXTROT m'avait complètement chamboulé, que dire de ma stupéfaction après l'écoute de SELLING ENGLAND BY THE POUND?
C'est pour moi le plus grand album de GENESIS, la perfection absolue d'un bout à l'autre. C'est le résultat du travail de 5 musiciens, touchés par la grâce, et qui à un moment de leur carrière, a abouti sur un tel chef d'oeuvre.

Ensuite, ce fut la découverte d'un autre monument : A NURSERY CRYME, avec la présence omniprésente du mellotron de Tony BANKS et le célèbre MUSICAL BOX.

La 1ère fois que je vis GENESIS en concert, c'était en 77 à Colmar après l'album WIND AND WUTHERING. C'était déjà Phil COLLINS qui chantait.
Le spectacle était grandiose, mais les morceaux joués étaient principalement issus de TRICK OF THE TAIL, mais ils ont tout de même joué SUPPER'S READY.

C'est un grand souvenir.

Je les ai vus ensuite en 81 au Rhenus à Strasbourg devant 11000 spectateurs, après la sortie d' ABACAB, mais là c'était un autre groupe; ils ont tout de même joué un impeccable FIRTH OF FIFTH.